| Catégories : | échanger |
| Rédacteurs : |
Thérèse Schwab |
| Publication : | 27 octobre 2011 |
| Mise à jour : | 18 novembre 2011 |
Arobase qui a connu la dure réalité d’un enfant qui doit se débrouiller seul dans la vie de Kinshasa, a travaillé comme balayeur dans l’atelier de céramique à l’Académie des Beaux-Arts.
Petit à petit il s’est mis à modeler et finalement il a pu rassembler les moyens pour s'inscrire comme étudiant.
De fil en aiguille, il a été demandé pour donner des cours au collège de Lisanga.
Il raconte: «Après cette expérience, je commence à ouvrir les yeux sur les enfants qui traînent dans la rue devant chez moi. Je connais leur vie, leurs difficultés et je me dis: eux aussi ils cherchent la vie. Je n’ai rien.
En les
regardant, je me dis:
- J’ai faim, tu as faim, nous avons faim… Mangeons ensemble!
Je les invite dans ma cour, on mange les affaires de ma boutique.
J’é
cris des lettres pour trouver du soutien. Pas de réponse. Mais je dis aux enfants:
- Venez, on va travailler.
Ils viennent petit à petit et travaillent bien. Je leur apprend ce que j’ai moi-même appris en fréquentant l’Académie: ils façonnent des masques, des bas-reliefs, des vases.
En peu de temps, ils font de grands progrès. Mais le problème c’est l’achat de l’argile.
Quand je ve
nds quelques affaires, je vais avec eux chercher l’argile à Ndjili.
L’autre jour j’y suis allé seul et ai rapporté de l’argile blanche. Comme j’étais occupé à l’atelier de l’église de Ngaliema, je les ai laissés seuls. Deux jours plus tard, quand je suis revenu, j'ai trouvé un grand vase debout au milieu de la cour, modelé dans cette terre.»
L'indépendance d'Arobase est à sauvegarder. Nous pouvons participer à la recherche du nécessaire pour que l’œuvre jaillie de son cœur puisse fleurir: achat de quelques sacs de ciment et matériaux de base pour la bonne marche de l’atelier, réalisation de quelques aménagements… de petites choses qui vont l’aider à poursuivre et développer ce travail créatif porteur d'avenir.