| Catégories : | politique, écologie, environnement |
| Rédacteurs : |
Mark Haltmeier |
| Publication : | 9 février 2010 |
| Mise à jour : | 30 juin 2010 |
Alors que la plupart des commentateurs s'accordent pour dire que la conférence de Copenhague a été un échec (l'accord n'est pas de nature à répondre à la menace climatique), une autre lecture de cet événement peut être faite... Commençons par un petit rappel historique des étapes qui ont mené à cette grande réunion:
A la lecture de ces quelques ligne, on relèvera que cela fait 40 ans que la première sonnette d'alarme a été tiré. Malgré une augmentation de la fréquence des conférences depuis Kyoto, pour les 2/3 de la population mondiale, on discute depuis leur naissance… avec peu d'effets jusqu'à présent, semble-t-il.
2009 marque cependant un tournant: celui d'une mobilisation sans précédant de la société civile qui a culminé avec l'action 350 (5'200 événements organisés dans 181 pays, dont un à Saint-Blaise) le 24 novembre 2009 et qualifiée de «journée d'action politique avec la plus forte répercussion de l'histoire de la planète».
Après le monde scientifique, une partie du monde politique et certaines ONG, cette mobilisation de la base, des jeunes en particuliers, est réjouissante, sachant que c'est d'abord et avant tout à ce niveau que notre avenir se joue: le monde politique et économique suivront, si nous saurons leur montrer le chemin que nous voulons prendre. Nous n'avons en effet et heureusement pas besoin d'accords internationaux pour effectuer ces petites révolutions tranquilles de «la sobriété heureuse» dans nos modes de vie :-)
Au niveau des médias, on relèvera que 56 journaux représentant 44 pays ont publié peu avant la conférence un éditorial commun (un fait sans précédent dans l'histoire de la presse) sommant «les dirigeants de la planète de faire les bons choix». Si cela n'a pas suffit, le fait qu'une partie de nos médias prennent leur responsabilités dans ce domaine est une excellente nouvelle.
2009 semble donc bien avoir été une année «pivot». Non seulement de plus en plus de gens commencent à comprendre le lien évident qu'il y a entre les trois crises: économique, sociale et écologique, mais un nombre croissant de personnes prennent conscience que si nous voulons que quelque chose change, c'est à notre niveau que tout commence.
Sur le plan politique, l'accord de Copenhague mentionne trois rendez-vous en 2010 qui, s'ils sont honorés, permettront de dire vraiment si ce sommet était un échec ou au contraire, s'il était le début d'un long processus positif.
Il nous faudra rappeler à nos dirigeants que les négociations ne se font pas tant entre les Etats-Unis, l’Europe et la Chine mais entre des êtres humains d’un côté et la physique et la chimie de l’autre côté. Les limites que ces lois naturelles placent devant l'humanité sont autant de contraintes positives et d'opportunités pour développer un modèle de société plus économe et solidaire: nous avons tous a y gagner, y compris sur le plan économique.
En parlant d'économie, le client étant paraît-il roi, c'est à nous de signifier - au travers des produits que nous achetons (écologiques et solidaires), des placements financiers que nous faisons (éthiques), du type de mobilité que nous pratiquons (mobilité douce de préférence), etc. - la société que nous voulons voir se développer.
Sur le plan technologique, il nous faut absolument promouvoir celles qui sont les plus durables non seulement ici mais dans les pays émergents en particulier, sachant qu'ils vont construire l'essentiel de leurs infrastructures dans les prochaines deux ou trois décennies, et que celles-ci auront un impact déterminant pour notre avenir commun.
Et n'oublions pas ce slogan, si juste, entendu dans les rues de Copenhague: «il n'y a pas de planète B» !
Pour en savoir plus sur la politique climatique suisse je vous recommande le résumé du rapport 2009 de la Suisse sur la politique climatique à l’attention du Secrétariat de l’ONU sur les changements climatiques.