| Catégories : | environnement, écologie |
| Rédacteurs : |
Thérèse Schwab |
| Publication : | 11 juin 2010 |
| Mise à jour : | 3 août 2011 |
(Suite du résumé de la conférence de Patrick Viveret: «Passage dans l'impasse»)
Le Secrétaire Général des Nations- Unies, Ban Ki-Moon, a déclaré après l’échec des négociations de Copenhague: «L’humanité est engagée dans une course vers l’abîme, le pied sur l’accélérateur». Si l’on considère que ces paroles sont suffisamment sérieuses, le minimum que nous puissions faire, c’est au moins de lever le pied de l’accélérateur; et donc de réintroduire le ralentissement, ainsi que les temps de pause dans nos propres rythmes temporels.
Ralentissement dans notre rythme de travail, temps de pause dans nos journées, dans nos semaines, pour arrêter les effets les plus pervers de l’accélération, et prendre du recul sur ce que nous sommes en train de faire. Et ainsi, pouvoir vivre pleinement; par exemple vivre une relation à autrui, une situation d’écoute ou vivre la beauté d’un paysage…
Nous pouvons craindre que, sans un sursaut de conscience humaine, les crises actuelles nous mènent droit dans le mur, ainsi que le pensent tant de gens.
L’humanité est en quelque sorte acculée à un rendez-vous critique avec elle-même. Mais nous n'aurons l’énergie pour ce rendez-vous que si nous sortons de la logique de la peur et de la désespérance. Si nous restons simplement dans la peur des catastrophes, aussi lucide soit le diagnostic posé, cette peur créera ensuite un sentiment d’impuissance.
Le pessimisme est un luxe que nous ne pouvons plus nous autoriser. La parole est à l’action et à l’action transformatrice. «Nous n'avons pas de tâches plus urgentes, après avoir désigné les périls, que de désigner l'espérance» (Jean-Claude Guillebaud). Selon Michel Maxime Egger, il s’agit de passer du triangle «Impuissance – Fuite en avant - Résignation», au cercle «Lucidité - Foi - Espérance- Engagement» (voir les articles écospiritualité 1 et 2).
Au milieu d’une grande majorité qui vit sous la lourde chape de la peur et de l’impuissance, les signaux d’espérance, tels de petits lumignons sont en train de s’allumer au cœur de toutes les sociétés, dans tous les continents, comme l’illustre si bien le dernier film de Colline Serreau, «Solutions locales pour un désordre global».
Il y a des quantités de débuts de changements de postures qui sont déjà à l’œuvre aujourd’hui comme par exemple:
Regardez la façon dont est née ce qu’on a appelé la société civile mondiale. Si on raisonnait en terme de rapports de forces, cette société n’avait aucune chance de se faire entendre. Et pourtant elle a manifesté une énergie créatrice telle qu’elle a été capable de s’imposer sur la scène mondiale (en particulier à Copenhague, fin 2009).
Les journaux sont dorénavant pleins d’enquêtes sur le «mode d’emploi de la vie meilleure», sur les expériences qui sortent de l’ordinaire, adaptées aux valeurs émergentes de notre époque. Ces multiplications de tentatives de vivre autrement ne peuvent que nous réjouir :)